Oui, mais pas seulement.
Visez le sous-entendu. Il ne s’agit pas de se repaître du cliché suivant lequel le tertiaire est la nouvelle consolante des secteurs agraires et industriels. Cela est vu depuis longtemps. Rappelons au passage une de mes thèses selon laquelle le tertiaire représente le royaume du non-travail. Mais ce n’est pas là l’idée que je tiens à développer.
Petit rappel étymologique : « De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIème siècle), du bas latin (VIème siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ». La racine trav provient de trab, trabis : « poutre ». » Cela entend évidemment que le travail comporte une valeur négative. Mais au sein de la modernité postindustrielle, caractérisée par l’essor du tertiaire (et donc du non-travail au sens de la production de biens de consommations, accroissement de la productivité oblige), le travail doit faire montre d’une valeur positive pour trouver acquéreur.
Le travail est au croisement de tous les concepts au sein de la société moderne et médiatise de ce fait toute pensée d’ordre politique ou sociologique ; évidemment, il ne s’agira pas dans cet article de revoir l’ensemble des déterminismes qui s’y rattachent. Le travail (tertiaire) nécessite, au sein de la répartition actuelle des forces de travail, l’adhésion positive du travailleur au sein de son poste. Ce sont les valeurs positives axées sur les compétences (ô sacrées saintes compétences de rien couronnées par les agrégations des études supérieures !) qui font la correspondance entre le CV (concept signifiant l’intégralité des valeurs positives de l’homme au sein de la charge qu’il cherche à occuper) et l’homme… qui doit travailler. Le travail, qui était donc un fardeau, est presque devenu une récompense pour l’homme civil qui a accepté à torts et à cris les charges supérieures incombant à la superbe de son poste.
L’hypocrisie est la détermination subjective de l’homme au sein de la société. Ce n’est pas nouveau ; par définition, la société est la perversion de l’homme qui agit au sein d’une sphère qui préside à son comportement. La sphère est celle du voisinage qui porte un regard, le qu’en-dira-t-on et tout ce que vous voulez. Cette société qui pousse l’homme à agir tel qu’il ne le ferait pas si cette sphère ne fût pas aussi présente est une perversité axant l’agir sur des valeurs négatives. Ce qui n’entend pas qu’il n’y ait pas de valeurs positives de certains postes, dans lesquels les hommes s’éclatent en accomplissant les charges qu’ils aiment. Mais pour préserver l’hypocrisie ambiante (et non reconnue comme telle, constitutive du phénomène de progrès), l’homme doit démontrer des valeurs positives au sein de son adéquation avec le poste qu’il brigue. L’homme doit prouver ce qu’il peut apporter à l’entreprise, l’homme doit montrer les valeurs positives qui le font correspondre avec sa charge.



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