La reproduction des rapports de force à travers les âges a changé de nature pour devenir de plus en plus invisible. La chute des castes et des classes au sein de l’empire démocratique a fait entrer l’homme dans le monde invisible des luttes qu’il se porte pour sa survie. Les rapports au pouvoir utilisent l’empire médiatique pour focaliser l’attention sur les non-événements sociaux pour conserver toutes les aises de la reproduction des mêmes phénomènes tyranniques. Les chaînes que l’homme traîne au boulet de ses pieds représentent sa toute première propriété, et l’homme s’accroche à sa dépendance empathique à la société. Le tout-médiatique ne suffit pas à cacher les sphères invisibles qui reproduisent les mécanismes historiques de l’éternel retour du même. Les mécanismes sociaux sont invisibles et l’idée que nous pouvons en tirer possède la réalité des exemples qui suintent à la racine. L’idée a la réalité de sa naissance dans la pensée et si l’on postule l’invisibilité structurelle de reproductions des rapports de force, on peut admettre la dimension archétypale des conceptions d’ensemble à partir de quelques idées tirées au hasard. La transformation des modes de travail s’inscrit dans la conception postindustrielle et postmoderne du Progrès. Le travail, qui fixe les valeurs morales de tous les individus (qui se réfèrent à leur mérite pour en tirer leur propre éthique sociale), s’inscrit dans le cadre globale d’une réflexion sur l’immoralité postmoderne ou sur la nouvelle éthique monétarisée. Le travail est devenu le prisme aperceptif de l’homme au sein de la société civile et la toute première régulation des rapports sociaux et moraux, mais avec cette spécificité actuelle que le travail est d’autant plus invisible qu’il est immatériel. La chute d’Icare devant le piédestal érigé entre les berges de l’absurdité et du non-sens. La peur de l’existence, comme concept sociétal opposé au travail, trouve son refuge dans les invisibles filaments de fureur qui ordonnent à l’homme de s’accroupir devant les canons du taux d’intérêt. Il n’y a de vérité que dans l’accumulation des connaissances autour des mêmes doctrines en reproduction. La vérité, pour être un rapport de réalité entre un sujet et un objet, n’est discernable qu’entre les logiques métaphysiques qui envahissent l’histoire. Il faut avoir faim de la connaissance pour comprendre les bouleversements (il)logiques qui secouent le cocotier de la gouvernance du sexe. L’homme n’est plus l’élément de connaissance, mais les questions se portent dorénavant sur les agglomérations de l’homme qu’on appelle les classes, et d’autres concepts viennent au carrefour où l’homme attend de traverser. La dialectique métaphysique sur l’homme et sur l’égo est devenue politique en prenant son appui sur les regroupements humains, cherchant exactement à fuir les apories métaphysiques. L’idée, qui est un irréalisme dans le champ de l’homme, prend tout son sens quand elle s’appuie sur les groupes qui se frictionnent à travers les âges. L’idée, avant invisible, s’ouvre à son matérialisme historique en devenant une pensée formulée et formalisée. La lutte des classes ouvre une vérité de l’idée qui s’appuie sur les grandes conduites de l’homme en tant que fondement archétypal.
Oui, mais pas seulement.
Visez le sous-entendu. Il ne s’agit pas de se repaître du cliché suivant lequel le tertiaire est la nouvelle consolante des secteurs agraires et industriels. Cela est vu depuis longtemps. Rappelons au passage une de mes thèses selon laquelle le tertiaire représente le royaume du non-travail. Mais ce n’est pas là l’idée que je tiens à développer.
Petit rappel étymologique : « De l’ancien français travail « tourment, souffrance » (XIIème siècle), du bas latin (VIème siècle) tripálĭus du latin tripálĭum, « instrument de torture à trois poutres ». La racine trav provient de trab, trabis : « poutre ». » Cela entend évidemment que le travail comporte une valeur négative. Mais au sein de la modernité postindustrielle, caractérisée par l’essor du tertiaire (et donc du non-travail au sens de la production de biens de consommations, accroissement de la productivité oblige), le travail doit faire montre d’une valeur positive pour trouver acquéreur.
Le travail est au croisement de tous les concepts au sein de la société moderne et médiatise de ce fait toute pensée d’ordre politique ou sociologique ; évidemment, il ne s’agira pas dans cet article de revoir l’ensemble des déterminismes qui s’y rattachent. Le travail (tertiaire) nécessite, au sein de la répartition actuelle des forces de travail, l’adhésion positive du travailleur au sein de son poste. Ce sont les valeurs positives axées sur les compétences (ô sacrées saintes compétences de rien couronnées par les agrégations des études supérieures !) qui font la correspondance entre le CV (concept signifiant l’intégralité des valeurs positives de l’homme au sein de la charge qu’il cherche à occuper) et l’homme… qui doit travailler. Le travail, qui était donc un fardeau, est presque devenu une récompense pour l’homme civil qui a accepté à torts et à cris les charges supérieures incombant à la superbe de son poste.
L’hypocrisie est la détermination subjective de l’homme au sein de la société. Ce n’est pas nouveau ; par définition, la société est la perversion de l’homme qui agit au sein d’une sphère qui préside à son comportement. La sphère est celle du voisinage qui porte un regard, le qu’en-dira-t-on et tout ce que vous voulez. Cette société qui pousse l’homme à agir tel qu’il ne le ferait pas si cette sphère ne fût pas aussi présente est une perversité axant l’agir sur des valeurs négatives. Ce qui n’entend pas qu’il n’y ait pas de valeurs positives de certains postes, dans lesquels les hommes s’éclatent en accomplissant les charges qu’ils aiment. Mais pour préserver l’hypocrisie ambiante (et non reconnue comme telle, constitutive du phénomène de progrès), l’homme doit démontrer des valeurs positives au sein de son adéquation avec le poste qu’il brigue. L’homme doit prouver ce qu’il peut apporter à l’entreprise, l’homme doit montrer les valeurs positives qui le font correspondre avec sa charge.
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